dimanche 1 novembre 2009

Tasser les semelles d'usure en cuir , avant la protection .

Bonjour,

C'est pour moi une  mode  relativement récente, je n'en avais jamais entendu parler avant, en conseils la demande à l'atelier ne m'en avait jamais été faite.
Pourtant beaucoup d'amateurs entre eux " quelques uns paraissant en connaître beaucoup plus que d'autres " toujours avec cette affirmation " oui il faut porter ses souliers pour tasser la semelle d'usure avant la pose de protection " des professionnels eux même parait-il iraient dans ce sens.









je suis totalement d'avis contraire malheureusement ce n'est pas la première fois que des professionnels donnent des directives et des conseils dans des directions diamétralement opposées et ce dans tous les domaines et dans tous les métiers de l'artisanat, la médecine n'y échapperait pas, c'est quand même bien regrettable.
Il semblerait qu'une des causes soit l'acceptation de connaissances anciennes, mettre les pas dans ceux de ses maîtres sans chercher à trop comprendre, sans chercher de débouchés nouveaux, de connaissances, de techniques de produits et de matériaux nouveaux, sans prendre appui sur son expérience ses connaissances personnelles et au vu de ses éléments avoir le courage dans la contradiction d'affirmer le contraire face aux données et idées reçues.
On peut écouter de la musique, on peut lire la musique, on peut jouer d'un instrument de musique, mais on peut aussi jouer et composer de la musique.
certains suivent les pas de leurs aînés, d'autres tracent leur chemin dans leur vie.
Nous avons malheureusement tous, chacun notre niveau d'incompétence.
Ayez du bon sens il dispense des connaissances et du savoir, écoutez les différentes analyses, les éléments, les arguments, et faites votre choix.

Pour en revenir au sujet, les conseils étant faits uniquement dans le cadre ou l'amateur privilégie la pose de patins de protection, si il préfère marcher sur le cuir, le problème ne se pose donc pas.
Le but serait donc de préparer le cuir à recevoir et de permettre une meilleure facilité une meilleure qualité à la préparation à la pose de patins de protection.
Heureusement que l'industrie dans le PAC n' a pas attendu les directives des amateurs et des
consommateurs, pour préparer leurs cuirs à l'utilisation, machines à cylindrer les cuirs.
Dans l'artisan, le neuf, le mesure et la réparation, les machines à cylindrer les cuirs, pour ceux qui en possèdent, le marteau et la pierre à battre, pour les autres.
On peut bien évidemment constater aux ports répétés une modification dans le confort à l'utilisation, une altération dans l'aspect esthétique, les plis d'aisance,
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2009/08/je-me-permets-mais-surtout-pour-mieux.html
une lisse présentant quelques défauts mais un tassement du cuir qui améliorerait la préparation ?
Et si malheureusement c'était le cas, il faut bien comprendre que l'on recherche l'inverse puisque le verrage et cardage main sont faits pour séparer les fibres du cuir, donc " casser et enlever " ce tassement.
C'est par ces actions le but recherché pour un meilleur collage, une meilleure adhérence pour une meilleure tenue dans le temps. Si pour moi je ne vois aucun avantage par contre je peux vous dire tous les inconvénients.

Parfois les amateurs qui préfèrent la protection , ne résistant pas à la joie de profiter immédiatement de leur nouvel achat, s'aperçoivent au bout de quelques ports déjà d'une usure au bout de la chaussure de la couture du petit point, du blake sous gravurage traditionnel très rarement, Sous incision quelques fois, sous rainette presque tout le temps.
L'exemple de la photo nous montre une couture petits points, sous rainette, illustration merveilleuse du sujet, puisque quelques ports seulement, sont arrivés à bout de la couture, exemple type, ou nous sommes obligé sur des chaussures neuves, de faire redresses et petit point! avant la protection.
Se garantir aussi par cette précaution de glissades et chutes qui peuvent avoir conséquences et des
répercutions très graves.
Il faut alors sur des souliers neufs , prévoir des redresses réservées aux chaussures usagées refaire la couture du petit point ou du blake.
Un travail moins esthétique de moindre qualité préjudiciable à la longévité de la chaussure et au porte monnaie du consommateur.
Alors que sur des chaussures neuves, le cuir se prête facilement au verrage, merveilleusement au cardage manuel sans toucher et altérer la couture du petit point / blake toute proche.
Même dans ce cas l'artisan doit être précautionneux, attentif  pour ne pas y toucher particulièrement dans la phase du verrage machine, le cardage manuel  étant plus facilement contrôlable. Mais alors lorsqu'elles ont été portées!
Vous connaissez maintenant ma position argumentée pour le port avant la protection.

Aux conseils contraires d'amateurs sans doute les "on m'a dit", les idées reçues et toutes faites, les manques de connaissances réelles du sujet.
Pour les professionnels c'est une autre histoire, mais on peut facilement s'en faire une idée et deviner ce qui se cache derrière cette position.
Certains fabricants de chaussures ont pour habitude de glisser dans les emballages, des notices de conseils d'entretien et d'utilisation, une amusante petite collection, j'en ai récupérées plusieurs, il serait peut être amusant d'en faire une analyse et pourquoi pas un article.
Très amicalement,
Tictac

Protecteurs encastrés, à encastrer, ou en applique?



 les protecteurs pour le bout.




 les protecteurs pour les talons.


A Raro en réponse a sa question intéressante et pertinente, avec mes excuses pour le retard.

l'éthique " j'aime bien ce mot, il caresse et chante à mon oreille, je l'emploi assez souvent, je l'espère toujours à bon escient.

Donc l'éthique de la chaussure, dans le cadre de la cordonnerie, du neuf, et d'une manière plus noble en mesure, veut que la pose des protecteurs encastrés se fasse sur la semelle d'usure en cuir.
la pose sur des semelles en caoutchouc, des semelles "commando " etc...pour moi ne se fait pas, on peut toujours avec des si, et des verbes comme , vouloir et pouvoir, faire que tout devienne envisageable et donc possible, mais la pose de ces protecteurs demande une stabilité, une assise ferme sur le cuir, que ne requièrent pas toutes les matières caoutchouc, relativement molles et souples.

deux cas de figure :

Sur des semelles d'usure, en neuf ou en réparation, mais non encore cousues, dans cet exemple le cordonnier ou le bottier, a tous loisirs et possibilités, de faire la préparation du fer en encastrement, comme il le désire, la préparation peut donc se faire sur toute la surface du protecteur, ce dernier étant posé en continuité horizontale de la semelle.
ensuite couture de la semelle d'usure en petits points, sous gravurage, rainette, incision, si la machine à coudre en a la fonction, sauf bien entendu à l'emplacement du protecteur, ou la couture est faite en apparent.

Sur des semelles d'usure déjà cousues, quel que soit au départ le mode de fabrication. il doit dans ce cas prévoir un encastrement différent, de la première solution, il faut à tous prix éviter de couper la couture du petits points, très préjudiciable, pour la tenue de la semelle et sa longévité. la préparation se fait uniquement en queue de protecteur et sur le milieu et non sur toute sa surface, dans cet exemple le protecteur, est très légèrement relevé sur le bout de la chaussure.

Tous les exemples de réparations que j'ai vu en photo ne correspondent pas pour moi, avec l'encastrement sur toute la surface, et la coupe avec le verrage du petits points, à une pose faite dans les règles de l'art, je sais tout le monde va dire que ce n'est pas possible, pourtant des manières et des façons de faire permettent la pose idéale et correcte.

les amateurs de chaussures sollicitent très souvent aux cordonniers, des réparations et des manières de faire en dehors de cette éthique, certaines sont conciliables, et sont quand même faites pour le plus grand plaisir des amateurs, d'autres ne le sont pas et ne doivent jamais faire l'objet de compromissions de l'artisan. Il faut dans ces cas discuter, parler, pour expliquer et démontrer à la clientèle, le bien fondé, de notre démarche, et notre refus.

la demande des passionnés de souliers, est importante pour la pose de protecteurs encastrés au bout avec des patins de protection, Topy, crêpe ou autres, protection dites crêpe le nom ne correspondant pas à la matière, il est en caoutchouc, avec un indice de dureté moins important que le patin élysée classique topy, 65 shores pour 85.
le crêpe étant un matériau bien différent et naturel, aux talons, avec des bons bout en cuir, toujours la même histoire, avec des...les bonbouts peuvent être de toutes les matières que l'on veut.

Pour moi le protecteur, dans ces exemples, n'est pas encastré, il est posé en applique, comme le serait tout autre fer, haricot ou autres.
http://tictac-cordonnier.blogspot.com/2009/08/protecteurs-encastres-avantages.html

Il n'y a pas de préparation d'encastrement dans ces exemples, la semelle est préparée en verrage machine et cardage manuel, le protecteur ensuite est posé en premier, et la semelle est ajustée en jointage, le mieux est l'utilisation de la craie, décrite dans un autre sujet.

Pour le talon, c'est la même chose, le protecteur cloué ou vissé, le bonbout pour l'ajustage est posé sur le fer, le plus simple dans ce cas étant le marteau, quelques petits coups qui donne la marque et l'emplacement exact.
Le bonbout est en queue de talon, affiché par une tête d'homme, positionné légèrement plus haut, pour qu'en clouage définitif, la jonction, très serrée soit parfaite.

le fabricant avec les épaisseur des protecteurs l'a prévu, presque 1,8 pour le bout pour que l'encastrement soit possible, sans altérée la semelle d'usure, en plus c'est merveilleux, cela correspond à l'épaisseur du patin de protection, une petite finition à la ponceuse seulement est nécessaire.
http://tictac-cordonnier.blogspot.com/2009/08/patins-elysee-dit-topy.html

Aux talons, ou il n'est pas encastré dans le bonbout, presque 5 mm, il correspond presque à son l'épaisseur du bon bout, la même chose une petite finition uniquement à la ponceuse.

Peut être pensez vous que c'est joué sur les mots, mais un protecteur encastré doit l'être, et il ne peut être encastré, que dans des semelles d'usure en cuir.

très amicalement.
Tictac

jeudi 22 octobre 2009

La déforme traditionnelle du cordonnier.



Le poste à déformer sur le banc de finissage.





Les pains de cire hooco.






La déforme traditionnelle extra brille.

Bonjour,
Entre le moment du finissage et la livraison à la clientèle un poste important la déforme. Lorsque les souliers sont verrés, poncés, dépoussiérés parfaitement... la déforme.

Dans tous les ateliers de cordonnerie il existe sur le ban de finissage ou sur une machine outil réservée uniquement à cet usage  un peu comme un banc, mais uniquement fait pour ces opérations, le poste à déformer
il dispose de rouleaux noir, marron, à lamelles de cuir pour déposer la cire, de brosses, noires, marron et d'un feutre pour faire briller.

Indépendamment de cela un endroit est réservé dans l'atelier pour le passage manuel de la déforme. Il comporte chiffons, pinceaux, déforme, noir, marron foncée, moyen, incolore et les pains de cire hooko, ces derniers plutôt réservés au banc de finissage.

Deux sortes de déforme, l'extra lisse et l'extra brille, une seule grande différence, l'extra brille, brille toute seule au séchage, alors que la première demande un brossage manuel ou au banc pour briller.

Elle est vendue au litre aux professionnels. L'artisan pour son utilisation la transvase dans des distributeurs comparables a ceux réservés aux colles, un peu comme les distributeurs d'eau pour les oiseaux en cage qui délivrent un minimum de produit quel que soit le volume de produit dans le réservoir.

l'amateur qui désire l'utiliser pour la remise à neuf de ses lisses ou de ses talons, aura tous intérêts à se diriger vers un autre conditionnement avec un autre mode de conservation plus adéquate, le Top finish par exemple décrit dans un autre sujet.
http://tictac-cordonnier.blogspot.com/2009/10/deforme-une-nouveaute-le-top-finish.html


                                              

La nouveauté, le crayon réparateur;

                                             

La meilleur solution est encore d'aller chez son cordonnier qui après un verrage fin passera la déforme, toujours soucieux gracieusement de faire plaisir.

L'artisan cordonnier, comme pour la colle vendue elle en bidon de cinq litre, s'en sert constamment et remet plusieurs fois par jours cette colle dans son distributeur, il faut qu'elle soit toujours d'une viscosité parfaite pour certains travaux; la déforme c'est la même chose, en petite quantité elle sèche très rapidement.

A mon époque pas de déforme, que des pains de cire hooco triangulaire et plus avant encore des pains ovales, en noir, marron foncé, moyen, clair, incolore.
Il nous servent énormément en camouflage.
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2011/05/boucher-les-trous-les-cicatrises-les.html


                                              


                                               


Deux manières de passer la cire sur les chaussures, frotter le bâton à la main sur les lisses, les talon, les queues de semelle, faire briller à la brosse au banc de finissage, il est dans ce cas impossible de faire briller manuellement.
L'autre façon, passer les bâtons sur les rouleaux à lamelles de cuir du banc pour déposer la cire sur ces derniers, puis passer les lisses, les talons, les queues de semelles sur ces rouleaux, pour redéposer la cire et faire briller à l'aide des brosses du banc.

Il faut savoir qu'avant les coloris des souliers étaient principalement, noir et marron, que les maîtres d'apprentissage, , demandaient aux apprentis de passer " parfaitement " sans manque et d'une manière homogène la cire à la main, long, fastidieux et dur, à cela deux raisons, économie d'électricité, mais surtout pourquoi faciliter les tâches aux apprentis, autant qu'ils soient au courant tout de suite que la vie ce n'est pas de la rigolade, et encore moins le travail.
Je l'ai dit, certaines choses ne s'apprennent que dans la douleur et la souffrance. IL y a donc des connaissances et des savoirs qu'on a du mal à mettre dans son escarcelle maintenant.

Puis ensuite vinrent les déformes extra lisse passée au pinceau, pour ensuite les faire briller à la main avec brosse et cirage, au banc de finissage, à la brosse avec la cire.

A l'arrivée de l'extra lisse beaucoup étaient septiques pour cette nouveauté pourtant merveilleuse, mais le modernisme est souvent mal reçu et intégré, toujours ce refus des nouveautés surtout dans la cordonnerie ancienne.

Avec cette dernière, plus de problème, passage de la déforme au pinceau, séchage et prêt pour la livraison, pourtant il faut savoir, du moins amha, que rien ne peut égaler une finition sur les chaussures, avec la cire hooco et le passage de la brosse dans le même sens que que la direction de l'arbre pour déposer la cire, et à rebrousse poils pour un brillant, un velouté, une uniformité,
Un glaçage laqué hors pair, qu'aucune finition manuelle ( d'atelier ) ne peut réussir aussi parfaitement.
Une finition artisanale au verre, râpe, fer à lisses, mailloche, lampe à déformer, cire, etc...est une autre histoire;

Le poste de déforme sur le banc certains s'en servent beaucoup, d'autres peu et privilégient la finition et le bichonnage manuel.

En cas soucis,la déforme peut être un moyen de camouflage merveilleux, ainsi que les bombes de teinture utilisées intelligemment professionnellement, et à bon escient.
Je ne sais pas comment font les autres cordonniers, mais les bâtons de cire hooco me servent en dehors de la déforme, à beaucoup de travaux de camouflage, sur les peausseries, chocs, manques, rayures, trous, etc...tel quel ou mélangé à d'autres adjuvants.

En cas de salissures ou de débordements sur la tige, lors du passage au pinceau, enlever à l'aide d'un chiffon doux et très propre humidifié avec un peu de salive ou d'eau, il sera rare, et on a toujours le temps d'accéder à des actions beaucoup plus agressives.

Ce poste comme celui de la déforme est important, je pense en avoir fait un tour complet, j'ai du en oublier, qu'on veuille bien me pardonner.

Très amicalement,

Tictac

vendredi 16 octobre 2009

rétrécir le fourreau des bottes en largeur.


Bonjour,

L'hiver arrive et avec lui les bottes dans nos ateliers, c'est très souvent que nous sont apportées des modifications et des transformations sur des bottillons, bottes, cuissardes, etc...
Plusieurs cas de figures, avec ou sans élastique, avec fermeture éclair ou sans " cavalières " le travail sera abordé différemment selon ces critères, qu'elles soient trop hautes, trop larges, au mollet, à la cheville, etc... mais aussi pour beaucoup d'autres types de transformations.
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2012/10/retrecir-le-fourreau-des-bottes-par-la.html
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2012/01/retrecir-le-fourreau-des-bottes-en.html

Ces travaux nous sont apportés par nos clients sur des souliers neufs, avant toutes utilisations.
mais également par les magasins qui sont friands de ce genre de services, cela leurs permet de finaliser une vente qui serait problématique autrement sans ce " sur mesure " la cliente nous est envoyée automatiquement pour la prise des mesures.

Lors des essais, bien définir avec la cliente, l'emplacement, la dimension et dans le cas de transformations esthétiques, ses désirs.
Certaines dames ne peuvent se chausser élégamment sans ce SAV pour des bottes trop petites ou trop grandes, avec cette impossibilité parfois, car le PAC ne propose pas toujours la taille pour des mollets un peu trop volumineux ou un peu trop fins.

La première photo nous montre ce qu'il est nécessaire d'enlever, ces petites pinces sont merveilleuses pour énormément de petites choses, préparations, maintien, collage, nous avons beaucoup d'autres astuces, et des manières de faire, des trucs, tous ne sont pas divulgués sur un blog ou dans les forums.

Plusieurs façons d'effectuer le travail :
Sur la glissière, ou sur la couture arrière, avant,
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2012/10/retrecir-le-fourreau-des-bottes-par-la.html
sur les deux, etc... nous priviliégons au maximun coté fermeture éclair, beaucoup plus simple.
Avec selon le mode de modification, quelque part, une petite assimétrie

Par la couture cousue en retourné sur l'arrière, deux manières :
Découdre dans sa presque totalité les doublures, retourner tige et doublure, coudre les deux en retourné en mourant, couper le surplus,remonter et recoudre.
Ou faire glisser la doublure, et la découpe se fera coté fermeture éclair, moins bon travail, moins esthétique, la couture est déportée par rapport à celle de la tige.
Nous sommes pourtant obligés de procéder ainsi, mais bien évidemment de la meilleure manière pour des clientes qui veulent que les cuissardes épousent le galbe parfait de la jambe et du mollet.


Découdre les glissières au tranchet. Alors qu'il faut dans tous les travaux enlever méticuleusement tous les anciens fils, ici aucun ennui, ils seront enlevés par la coupe.
Dans le cas de modifications, il faut séparer tous les éléments, tige, éclair, doublure, languette, c'est l'inverse en cas de pose seulement ou il faut garder au maximum tous les éléments en place.



A l'aide du stylo argent, tracer au plus approchant les repaires pour la découpe à faire, le plus important étant la dimension exacte en haut, ils seront différents en emplacement, en hauteur et en largeur, selon les transformations.
http://tictac-cordonnier.blogspot.com/2009/08/le-stylo-argent-pour-tracer-dessiner.html
La découpe de la peausserie se fait normalement d'une largeur égale de chaque coté pour que l'éclair retrouve son bon emplacement, le milieu, comme on peut le visualiser sur la photo, les élastiques posent un problème, sa proximité avec la glissière nous a obliger à travailler différemment et à faire une coupe plus importante de l'autre coté, ces quelques millimètres n'influeront pas sur l'esthétique et sur le confort.



la découpe se fait aux ciseaux en mourant, c'est à ce moment uniquement sans tenir compte parfois des repaires, mais uniquement du départ, que se fait le galbe parfait.

On recolle, le tout parfaitement au bon emplacement, dans l'ordre, tige, éclair, languette, doublure, d'un coté, et sans languette de l'autre.



Passage à la machine à coudre aux fils aiguille et navette
aux bonnes couleurs, réglage de la longueur du point. L'impératif récurent de recoudre dans les points ne se pose donc pas ici.





Les couture faites, il faut enlever maintenant le surplus de la doublure, le départ se fait à la pince à épiler pour les doigts ensuite lorsque la préhension est suffisante.




C'est la peausserie avec la tension exercée sur celle ci qui vient se couper sur le tranchet frais au tranchant rasoir, si c'est l'inverse le tranchet qui coupe la doublure, il ne faut pas se faire trop d'illusions sur la longévité de la trame de l'éclair.



l'ensemble est taper au marteau à battre avec gentillesse et amour.



Une vue de l'intérieur travail terminé.




Le travail terminé.





Ne reste plus que l'essai des bottes par la cliente, en espérant que les mesures ont été prises correctement, ce qui a toujours été le cas jusqu'à maintenant, et sa satisfaction.

Très amicalement,
Tictac

mercredi 14 octobre 2009

Chaussures trop petites - neuves, pieds douloureux, le strecth.



Bonjour,

Le strecth est un conformateur, dilatant assouplissant pour le cuir. Produit par toutes les grandes marques " collonil, Wooly , saphir , tana , famaco , etc " souvent sous la même appellation " strecht " Il est vendu au litre pour les professionnels qui pour s'en servir d'une manière efficace et facile le transvase dans un vaporisateur, plus facile de cette manière à l'emploi.
Pour le particulier , il est vendu en cordonnerie en flacon, et en aérosol de 50, 75 et 125 cl . Privilégier l'achat en aérosol plus facile à l'emploi pour aller jusqu'au bout de la chaussure et particulièrement des bottes.
Il m'arrive de vendre aux particuliers ce produit au litre, certains en ayant un usage important, ayant compris toutes les applications du produit. Dans ce cas transvaser en flacon vaporisateurs récupérés ou achetés en bricolage pour ensuite le pulvériser lors de l'utilisation .

LORSQUE VOUS PORTEZ VOS CHAUSSURES A VOTRE CORDONNIER :
pour une mise à la forme, ce dernier vaporise à l'intérieur sur la doublure et à l'extérieur le strecth, met vos chaussure à la machine à forcer puis Périodiquement il écarte celle ci et revaporise du produit, cette fois ci uniquement à l'extérieur sur la tige.
Derrière la mise à la forme, le passage du conformateur par le client sur ses chaussures est un merveilleux complément.
Personnellement pour la livraison, je propose au client de prévoir le départ avec ses souliers fraîchement enlevés de l'appareil.
Aspergés généreusement intérieur, extérieur par nos soins, le client au bout de quelques minutes seulement nous dit avec étonnement sa satisfaction d'un résultat merveilleusement aussi rapide.












POUR LE PARTICULIER :
Mettre les souliers évidemment avec un chausse pied, procéder comme la mise la forme faite par le cordonnier, Puis au bout d'une dizaine de minutes si une douleur est encore perceptible, revaporiser sans défaire les chaussures en insistants aux endroits des douleurs.
L'effet désiré peut être obtenu au bout de quelques minutes seulement. Pour des problèmes plus importants si le mal persiste la première fois renouveler l'opération le lendemain pendant 1 , 2 voir 3 jours de suite.
En cas de douleurs, il est important de ne jamais insister et de porter trop longtemps des chaussures qui blessent, il peut s'en suivre des inconvénients importants et majeurs qui peuvent durer des mois, voire des années, ossifications, névrome de Morton etc...
Dans ce cas mettre les chaussures à la maison, passer le produit, les enlever dès la première apparition des problèmes pour recommencer tranquillement le lendemain, le produit et le temps feront leurs oeuvres tout tranquillement.
Une action extérieure ne sert à rien sur les cuirs vernis, les cuirs bookbinder, définis comme polished binder. passez, vaporisez le produit sur l'intérieur seulement côté chair.

AU PIED :
Le produit fait effet aux endroits désirés pas plus, pas moins il agrandit ou il faut comme il faut et aucun problèmes préjudiciables à la chaussure ou au cuir, n'ont été constatés par moi au bout de tant d'années, je n'en ai jamais vu.
Pour les chaussures neuves citées en dessous, il permet aux fibres du cuir de se distendre sans déchirures. C'est très souvent le complément merveilleux de la forme, qui en premier élimine les plus gros problèmes, mais agrandit d'une manière un peu générale, alors qu'aux pieds c'est d'une façon plus " intelligente "






CHAUSSURES NEUVES :
A conseiller dans tous les cas , évite la souffrance, permet aux fibres du cuir de se distendre sans se déchirer, particulièrement au mocassins à barrettes ou les coutures aux "oreilles " se décousent, très solidement cousues déchirent la tige.
Règle facilement la déformation intérieure, les douleurs, liée à l'hallux valgus.







VOUS POUVEZ ÉGALEMENT JOUER AU CORDONNIER :
Il est vendu en cordonnerie des formes à forcer, je ne parle pas d'embauchoirs mais de formes mono pied qui permettent la mise à la forme en longueur et en largeur, avec des trous prévus pour mettre des oignons aux endroits choisis, pour ceux qui justement en ont. Dans ce cas, procéder comme décrit précédemment.


                                                        

Pour vous donner une idée de la qualité et la très grande efficacité du produit et jusqu'où peut aller ce processus, sur des bottes de motard de la police, faite sur mesures! avec la forme et le produit conjugué, avec de temps , on peut parler d'agrandissement en centimètres sur le fourreau. Il faut connaître leurs fabrications en qualités, mais aussi l'épaisseur de la tige et de la doublure, pour apprécier toute l'efficacité du strecth.
Depuis plus de 40 ans je n'ai jamais constaté de problèmes, de taches ou autres, quelque soit la peausserie, le tannage, la couleur.

Par contre nous rencontrons très souvent des réparations parfois très ennuyeuses et onéreuses, des déchirures sur des chaussures toutes neuves à la jonction de la tige et de la semelle d'usure, de l'empeigne sur le cou de pied, très souvent à la couture de la barrette des mocassins parfois presque insolubles.
C'est dommage ce sont des réparations qui pourraient être évitées que nous n'aurions jamais vues avec une utilisation adéquate préventive du strecth.




Ce produit est actif pour tous les cuirs, chaussures, gants, culottes, robes, accessoires,  jupes, attention aux formes moulées!










L'unique condition est une tension plus ou moins importante , sans celle ci , pas de changement . Personnellement j'en ai toujours 1 litre d'avance au magasin depuis plus de 40 ans, je l'utilise également lors de la restauration ou remise en état de : Bagageries , sacs, blousons, coffrets, boites, et autres ...très anciens , sans cette remise en " humeur " ces objets se désagrègent à la réparation.
Tout cuir ou toute peausserie qui n'est pas porté, utilisé, ou entretenu se meurt et devient comme du papier ou du carton, il se déchire à la main.
J'entends soit disant parler de bottiers qui conserveraient leurs cuirs très longtemps pour une meilleure qualité, les cuirs ne sont pas comme certains grands vins, ils s'altèrent en vieillissant.

Une autre raison importantes de " consultations "  les coutures, les contreforts, les sur épaisseurs, ( les parties non amincies qui devraient l'être, )  très souvent misent en cause des douleurs, une solution simple, quelques coups de marteau appliqués comme il faut, ou il faut en viennent très facilement à bout avec passage préalable du conformateur.
Toutes les coutures qui sont faites à l'atelier sont systématiquement martelées, ce n'est pas souvent le cas en industrie.
Ces actions sont à faire par un professionnel, un coup mal ou trop appuyé peut être irrémédiable pour le soulier.
Il existe en dehors du strecth, première action non agressive à envisager pour des chaussures trop petites.
D'autres solutions plus invasives esthétiquement, couper les lacettes, ajout de brides, de brides / boucles, d'élastiques, etc...


http://tictac-cordonnier.blogspot.com/2010/12/chaussure-trop-petites-pieds-douloureux.html













http://tictac-cordonnier.blogspot.com/2010/07/changer-les-elastiques-sur-les-brides.html

En cas extrêmes envisager l'ajout de triangles de peausserie de chaque côté de l'éclair meilleur endroit souvent caché à l'intérieur des jambes.
Alors que des élastiques constamment en tension provoque plus d'inconvénients que de bien être sur les fourreaux des bottes.

                                           

En vous souhaitant et espérant un bon usage.

Très amicalement,
Tictac le besogneux.

Le prêtant









Le cordonnier, et plus particulièrement le bottier, doit, selon les parties des peaux utilisées, en fonction de leurs endroits d'utilisation pour la fabrication en " neuf " trouver le sens du prêtant. On s'en doute, c'est très très important . Placées dans le mauvais sens, par exemple en emboitage, le soulier gagnerait une pointure en supplément, très facilement et rapidement.
Eviter les défauts,
http://tictac-cordonnier.blogspot.com/2010/02/les-defauts-du-cuir.html

Tout au long de sa vie l'animal, pour se déplacer, remue les membres, pour d'autres activités, manger par exemple, remue la tête dans plusieurs sens.
Toutes ces actions sont rendues possible par l'élasticité de sa peau. Et ce, quelle que soit la taille de l'animal. Il est donc normal de trouver dans toutes les peaux des caractéristiques semblables.

Cette élasticité est perdue au tannage, mais elle est remplacée par le prêtant, possibilité du cuir de s'allonger dans certains sens, sans se rétracter, pour reprendre sa forme première. On peut ainsi, aux cuirs, leur faire épouser certaines formes, les galber etc ...
Si vous prenez un morceau de caoutchouc, si vous le sollicitez à ses extrémités, il peut prendre la forme d'un objet sur lequel il est tendu. Quand vous le libérez, comme l'élastique, il reprend sa forme initiale. Si vous faites la même chose avec un morceau de cuir, au bout d'un certain temps, deux à trois jours, il conservera la forme de l'objet, cela grâce à sa propriété, le prêtant. Le cuir peut donc s'emboutir facilement.

Je l'ai dit, le prêtant ne s'exerce pas dans tous les sens, s'il permet les mouvements de l'animal , on comprendra que les parties aux voisinages des pattes se prêteront beaucoup dans le sens transversal, et donc que le milieu du dos. le reintier, en aura peu ou pas.
La peau comporte plusieurs parties, d'un coté de la raie du dos se présente le collet, de l'autre, à la naissance de la queue, la culée, de chaque côté, les flancs, au centre, le reintier.
A l'intérieur des pattes les aines, les parties les plus faibles et les plus extensibles.
Le REINTIER , est la partie qui présente le moins de prêtant, pour moi, parfois, pas du tout.
Le COLLET se prête un peu dans tous les sens, en forme d'éventail, plus important de gauche à droite que de haut en bas, les PATTES, toujours en forme d'éventail, par la marche et les déplacements de l'animal.
Les FLANCS, dans le sens de la largeur de la peau, respiration et alimentation, ballonnements, naissance.
La CULÉE, l' animal s'assoie, se couche tout au long de sa vie, donc le prêtant dans le sens de la longueur.

LES DIFFÉRENTES VALEURS DES PARTIES PRINCIPALES :

Le REINTIER, la meilleure qualité, le plus épais, le plus serré et le plus imperméable. Pas d'endroits creux .

La CULÉE, moins régulière que le reintier, cependant, une bonne partie, surtout dans les petits animaux, chèvre, mouton, chevreau.

Les FLANCS, le ventre de l'animal, mince et très extensible, le grain est gros et rugueux, parties médiocres en solidité, prêtant et esthétique.

Le COLLET, d'épaisseur variable, ainsi que son prêtant, des plis de graisse, tout cela amène une moins bonne qualité et aspect.

Les AINES, malheureusement, les parties les moins nobles, prêtant excessif, molles , très perméables, grains très gros, donc presque toujours inutilisables.

Ces données et principes sont valables pour tous les genres de peausseries et d'animaux, grands ou petits. Les gros cuirs crouponnés sont débités en tenant compte de la valeur des différentes parties de la peau.
Le cordonnier coupera les semelles dans les croupons, les morceaux appelés croupons représentent le reintier.
Il découpera les premières de montage, les sous bout réservés aux talons, dans le collet.
Pour les contreforts et les bouts durs, il découpera dans les flancs.

Comme toujours, j'ai dû en oublier, qu'on veuille bien me pardonner.

Très amicalement,

Tictac le besogneux