dimanche 15 septembre 2013

Plastiques, Translucides, Elastomerde, merde, ras le bol !

Bonjour,

Tous les jours à l'atelier des demandes de réparations pour ces genres de fabrications, à recoller après un très court usage, ou neuf jamais porté.
En dehors des procédés de montage " devenus rarissimes " prisés de certains utilisateurs amateurs et passionnés de belles et bonnes chaussures.
Ils ne représentent qu'un tout petit pourcentage au bénéfice ( dans tous les sens du terme ) de ces nouvelles fabrication.
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2012/09/appellation-des-procedes-de-montage.html

                                                   



Si par bonheur à l'atelier nous réparons des souliers aux procédés de montage solides traditionnels, ( 18 / 20 ans de bons et loyaux services confortables )  je n'ai jamais rencontré comme dans les forums, le passionné type. Les amateurs, les connaisseurs sont donc une denrée très rare!
Au départ d'une manière rare et insidieuse dans les productions bas de gamme, maintenant les plus grandes fabrications n'y échappent pas.
Ces lieux de production ou pour quelques piécettes on s'approvisionne en chaussures revendues des dizaines ou centaines d'euros.
Dès qu'on sort des procédés de montage traditionnels, qu'on rentre dans cette nouvelle mode les patins centraux encastrés, c'est la dérive.
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2012/12/patins-centraux-encastres-en-applique.html


                                                     

                                                     




On ne peut pas généraliser et dire que toutes les productions présentent ces élasto...( Il est difficile de savoir reconnaître les exceptions ), c'est quand même pratiquement toutes les fabrications qui deviennent irréparables.
Nous ne sommes plus des cordonniers, nous sommes devenus des bricolos bons ou mauvais qui cherchent, font des prouesses d'ingéniosité pour enfin réussir à faire tenir ces foutues matières et donner satisfaction à notre clientèle.
Alors que j'ai toujours prôner le bon sens qui évite les connaissances et le savoir, les petites vérifications simples avant l'achat,
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2009/12/petits-conseils-et-verifications-avant.html

Ici aucune chance il faut être un professionnel averti pour démêler le bon grain de l'ivraie. Et encore bien souvent c'est en travaillant la matière qu'on s'en fait une idée juste.
Particulièrement dans la maroquinerie ou même pour le professionnel il devient difficile de reconnaître au premier abord les synthétiques. Alors pour l'utilisateur !
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2009/08/cuir-regenere-cuir-veritable.html

Il ne suffisait pas des mensonges de nos fabricants.
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2009/12/ruses-etou-mensonges-des-fabricants.html



Dans cette fabrication de marque l'inscription caoutchouc véritables est mensongère.
comme tout le reste, fausse trépointe, couture absente, le tout simulé, moulé, collé mais qui ne tient pas deux utilisations.
Il est normalement facile de savoir le lieu de fabrication, mais entre l'assemblage, la production, les composants, la difficulté de trouver l'étiquette de provenance, un cochon n'y retrouverait pas ses petits avec tous ces made in....
Je l'ai déjà écrit, le hand made inscrit orgueilleusement doit indiquer en fin de chaîne la mise en boîte ( dans tous les sens du terme ) manuelle.




En dehors du cuir, existent les élastomères, 
Des matières caoutchouc, microcellulaire, airlite, topy élysée, top sem, rug, crêpex, crépina, duvex, buffalex, buffalo, intercalaire, transtrong, patmine top, macalite aristan, sévilla, wm, top gum, hitop, stark, supertap, svig, sébago, vérasem, pyratop, bestop, diana, ortho, elcat, domrubber, flexdur, diamrubber, crêpe, transtop, winter, rastre, M 3 silencio, topalan, stark, gomroc, cellotop, lunasoft, lunaligth, hitop, vulkola, vulkogrip, grip rubber, vulkotop rape topy, vulkotop lisse topy, vulkolis, etc...

La liste est longue, très très longue, tous les choix et utilisations sont possibles, les dénominations changent parfois selon les fabricants.
Ils sont en plaques à découper, découpées, selon leurs épaisseurs pour patins, semelles, talons, semelles / talons, talons, produits d'usine en bonbouts, patins, semelles, etc...
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2009/08/la-la-pre-decoupe-poste-important-dans.html


                                                   


                                                   

Toutes ces matières sont " nobles " vendues par nos crépins, utilisées par les bottiers cordonniers, j'entends nobles car ils sont possibles en finition, parfaits pour le collage et une tenue sérieuse. non tachant, silencieux, anti-dérapant,

Les nouveaux matériaux, sont difficiles parfois impossibles à finir, ne tiennent pas à l'encollage, par les cordonnier en réparation, mais par les fabricants eux mêmes.
La cyanoacrylate colle réputée pour venir à bout de tout, n'a aucun effet sur certains.









En plus de cette nouvelle mode de la portée en queue de semelle, les fabrications maintenant sont toutes en rondeurs, on ne sait plus ou finit la tige, ou commence le compensé et la semelle d'usure, par contre on sait que notre possibilité d'action elle, est finie.


                                                     
                                                 

Ce sont les translucides, plastiques, ceux que j'appelle avec mon néologisme, les élastomerde...
Même si la demande de réparations est importantes, ces fabrications exotiques leurs conceptions leurs
matériaux mettent nos ateliers en souffrance, en péril, en danger, beaucoup vont fermer.
Ceux qui par leur emplacement géographique,ville, quartier, grandes surfaces, la " qualité " de leur clientèle, la diversité de leurs actions, leurs SAV, les agréments sollicités auprès des marques, résisteront plus longtemps.
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2009/10/ateliers-de-cordonnerie.html

                                                    


                                                                                                    

                                                    

                                       
                                                    

                                                    

                                                    

                                                    

                                                    
                                                 

                                                   
                                                 
Ce n'est pas donc pas les réparations qui manquent, mais l'impossibilité de les pratiquer.
Notre combat va cesser faute de combattants.
Les utilisateurs ne sont pas mieux lotis que nous. Leurs achats sont onéreux compte tenu de l' inconfort, l'hygiène, l'esthétique, la dangerosité, ( des matériaux, des procédés de tannage illégaux, chrome VI ) l' irréparabilité, la longévité, durant le temps d'un déjeuner au soleil. ces matériaux s'affaissent. etc...
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2013/03/attention-certains-bonbouts-danger.html








La vie est cyclique, après la pluie le beau temps, après  l'hiver l'été, mais quand reviendra notre printemps ?.
Ce monde moderne inhumain à fait disparaître de milliers de petites professions et ses emplois, il viendra à bout de la nôtre rapidement , avant un jour de se faire lui même disparaître.
Très amicalement.
Tictac le besogneux.

















                                                    











mardi 23 juillet 2013

Les Caboches. Avant les protecteurs, les patins de protection..


                                           


Bonjour,

Aujourd'hui un petit sujet sur ces pointes particulières " les caboches " que le cordonnier moderne n'a jamais vu et ne verra sans doute jamais.





Ces " pointes " très particulières, on en voit la description exacte dans les livre et les manuels anciens.
Leurs formes ressemblent un peu à des clous de tapissier, mais aussi à ceux de garniture des sabots, de formes rondes et de motifs variés fleurs etc..tout autour de la tige.
Sans aucune comparaison n'étant pas faites pour cela par rapport à la grande solidité des caboches, à leurs formes à facettes pyramidales.


                                             

Quand je parle de garniture c'est que l'empeigne des sabots est tenue réellement par des pointes ou des agrafes. Ces clous viennent uniquement en couverture pour camoufler la véritable fixation.
Certains fabricants ne s'encombrent pas de cette opération esthétique, et laissent visible les agrafes  utilisées seules dans ce cas.
De mise également sur les sabots portés par le personnel médical, peut être par soucis de sobriété.


                                             

http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2010/01/le-garnissage-des-sabots.html

Réservées aux gros souliers , aux gros brodequins de marche de montagne, au départ militaires début des années 1800 cloutés avec des têtes rondes ancêtres de nos caboches, ensuite les souliers de nos poilus et certainement ceux des autres armées en étaient pourvus.
Ils seraient peut être également à l'origine des chaussures assymétriques, pied gauche pied droit.
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2013/04/la-premiere-de-montage.html

Les caboches n'existent plus maintenant ne sont même plus disponible à la vente pour nous professionnels.
La pose se faisait sous les semelles mais particulièrement à la protection des talons.
Les souliers avec cette " garniture " sur revêtements modernes, glisseraient de la plus abominable manière. La marche à cette époque, se faisait dans des chemins tortueux, boueux, aidée par ces fameuses caboches pour la tenue de route et la grande solidité.
Il existait également d'autres " protecteurs " a la disposition du particulier, nommés roc, for tip, il est fait mention de daches, qui à mon avis est l' appellation régionale des for. 

Ces articles se faisaient en trois grosseurs de têtes, 8, 9, et 10 mm de diamètre, avec trois pattes de fixation, les protecteurs for sont de section carrée avec 4 pattes de fixation, ( un peu comme l'agrafe moderne en emboîtage des talons aiguilles de quelques rares fabricants ) pratiquement impossible à enlever sans la pince électrique chauffante.
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2010/01/la-pince-electrique-chauffante.html




disponibles à l'époque chez les crépins, à mon avis plutôt réservés aux amateurs, je n"en ai jamais posés, uniquement  des caboches.
Toutes les dispositions étaient laissées au bon vouloir artistique du cordonnier, au bout, au talon en rangées doubles renforcées en coin extérieur haut, ( emplacement des fers encastrés ) au milieu, en rond, en carré, en losange, à une ou à multiple rangées sur toute la surface semelles et talons, d'une manière centrale comme ces patins de protection centraux, nouvelle mode / position qui existe depuis la nuit des temps.
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2012/12/patins-centraux-encastres-en-applique.html

Une pratique de l'époque était la pose de protecteurs encastrés, enfin plus exactement en applique, à la place du bonbout, en périphérie, une rangé de caboches, plus une en queue de talon au milieu.
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2009/08/protecteurs-encastres-encastres-en-en.html

Les cordonniers bottiers s'en servaient en signature comme pour le cloutage des talons normaux à cette époque.
De nos jours des bottiers modernes perpétuent cette mode de la même façon avec leurs initiales ou leurs noms.
Mon souvenir de ces pointes à l'atelier lorsque j'étais apprenti, était les concours que nous faisions entre nous.
Les caboches pour les cordonniers " habiles "que nous étions étaient clouées d'un seul coup de marteau à battre, tenues entre le pouce et l'index, piquées simplement dans le cuir, d'un seul coup de marteau, elles devaient être étaient enfoncées parfaitement vertical pour la bonne tenue et l'esthétique.
Il fallait simplement enlever ses doigts avant, je ne dis pas le nombres de pouces éclatés, dommages collatéraux lorsqu' ils n'étaient pas retirés à temps .
Les concours étaient monnaie courante à l'époque entre apprentis et ouvriers, il faut dire que nous avions peu de sujets de distractions surtout à l'atelier.
Le jeu des apprentis avec ces balles lourdes, dures, sans rebond faites en crêpe avec la possibilité de ses particules qui se collent seules.
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2009/11/le-crepe-veritable-posologie-et-mode.html

Ces concours chronométrés, étaient essentiellement faits sur la pose des caboches, sur les coutures. Les plus performants cousaient un pied en petits points, en une douzaines de minutes, ligneul fait et lissé dans le premier point.
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2009/11/comment-faire-un-ligneul.html

Il faut dire que nous faisions ça comme on pose les patins de protection aujourd'hui.
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2009/08/patins-elysee-dit-topy.html

Ces caboches, j'en ai conservé des dizaines de kilos pendant des années pensant que la mode étant un éternel recommencement, j'en aurait à nouveau besoin.
Si ce fut le cas pour les talons aiguilles, les caboches sont restées dans l'oubli.
Pour les jeter ensuite, me rendant compte qu'on on ne s'en servirait plus jamais. Dommage, je n'en ai même pas gardé quelques unes en souvenir, je vous en aurais fait une photo.

Très amicalement,
Tictac .

vendredi 28 juin 2013

Aéroports, alerte au cambrion !!

Bonjour,
Ce matin à l'atelier un client nous apporte une paire de chaussure neuve. Cet ancien client nous fait part de sa  demande particulière.

- Il y a un morceau de fer dans ces chaussures, pouvez vous l'enlever?

- Oui bien sur mais pourquoi ?

- Ma femme devait amener plusieurs paires de chaussure à mon fils, au passage du portique à l'aéroport, l'alarme a sonnée, le fonctionnaire a interdit le transport en bagages accompagnés comme en soute, elle a été obligée de les " abandonnées "

- c'est le cambrion, si on peut l'enlever il est nécessaire c'est l'ossature de la chaussure, sa colonne vertébrale, il est présent dans tous les souliers ( du moins dans presque tous ).

Cette histoire ridiculement amusante, contraignante est vraie, ce client est un monsieur sérieux, digne de foi.
Si les fonctionnaires aux passages des ( frontières ) généralisent l'interdiction des chaussures qui provoquent l'alerte, les utilisateurs ont du soucis à se faire, car en plus des cambrions présents dans l'immense majorité des souliers, beaucoup d'utilisateurs demandent des protecteurs haricots, les amateurs
Ceux encastrés.

Voilà l'objet du délit, Le cambrion.

                                                     

Peu de fabrications en neuf possèdent des cambrion en cuir ou en bois, celle en PAP en bois presque toutes maintenant ont des cambrions en acier, Les souliers homme comme femme sont concernés par cette mesure.
Je ne veux pas croire que cette procédure puisse devenir la réglementation habituelle, que ma cliente est " tombée " sur un fonctionnaire pointilleux respectueux de ses directives.
Autrement les cordonniers vont avoir du travail, les fabricants l'obligation de revenir à la genèse de la fabrication, cambrion en cuir ou en bois.
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2009/10/bailly-derby-noirs-bouts-lisses.html

Nous risquons de voir dans les files d'attente aux aéroport des pieds nus, nus pieds, tong, babouches, sandales, charentaises, savates, etc...
Marcher sur les mains car ce monde marche sur la tête.
Très amicalement.
Tictac