mardi 6 avril 2010

refaire des poignées rentrantes



Ce matin à l'atelier une poignée rentrante d'un porte documents de grand faiseur en remplacement.
Assez peu diffusé par rapport à ceux aux poignées au montage fixe traditionnel " serviette ", elles permettent un port à la main, et celui sous le bras soutenu ou pas par la main, les rentrer ne gêne en rien et font penser ainsi à une serviette simple.

Si les poignées de remplacement toutes faites en industrie sont nombreuses, les rentrantes sont rares pour ne pas dire inexistantes maintenant à notre disposition. Je me sers d'un stock ancien et important.

Sur la première photo, une seule des poignées est déchirée, plusieurs solutions, celles de remplacement d'usine conviennent au client, on changent automatiquement les deux, elles ne conviennent pas compte tenu de leur qualité " plastique " alors il faut refaire à l'identique une ou les deux poignées poignées. Ce travail étant assez méticuleux, mais surtout long, le tarif s'en ressent. Le client choisit la confection d'une seule poignée, nous ferons au mieux pour qu'elle soit le plus approchant possible.





Les poignées toutes faites en plastique, la qualité est médiocre, mais ce sont pour moi les seules que j'ai réussit à me procurer à l'époque. personnellement je n'en trouve plus, ils faut les refaire à l'identique.




On découd la partie cuir à l'emplacement de la fermeture à glissière pour avoir accès au petit système de coulissement, et le démonter.




La tenue est faite par deux rivets sur une barre de cuir, de carton, de plastique, elle sert de blocage, on aura compris facilement la simplicité du système.





On enlève les rivets à la pince coupante.






Une vue de la poignée et de la barre, faite cette fois en carton.





Avec l'autre poignée en parfait état, on prépare le gabarit en carton, sinon on l'aurait reproduit à la main. Il faut toujours faire attention a ce stade du travail, et tenir compte du tracé extérieur fait au stylo, qui augment de quelques petits mm à chaque reports la largeur de la partie à changer.




Le gabarit fait le plus exactement dans sa totalité. La partie basse est faite sans gabarit, il eut fallu autrement démonter la poignée en bon état, c'est toujours préjudiciable.




On le découpe aux ciseaux. Ils seront conservés en vue d'une demande future qui correspondrait, ce qui nous arrive quelquefois, nous fait gagné n temps précieux. Faire un gabarit est parfois très difficile, représente une grosse part de travail, selon le gabarit particulièrement dans sa symétrie.




On le trace sur le cuir, collet, peausserie, croûte, etc...choisie en fonction de ses caractéristiques, d'épaisseur, de rigidité, etc...qui servira de support pour la peausserie en recouvrage.




On le découpe aux ciseaux.




Les extrémités sont percées pour le passage des rivets.





La partie fleur importante et résistante, est verrée au banc de finissage.





Une vue côté chair préparé pour l'encollage, plus facile que le côté fleur,





elle sera grattée à la pointe du tranchet ou par tous autres outils, carde etc...






le bourrelet de garniture est récupérable, il est démonté autrement il aurait été refait à l'identique.




Les deux parties sont encollées pour le re positionnement de la garniture qui forme le relief.





elle est remise à sa place.





La peausserie choisie en fonction de sa souplesse, son épaisseur, sa couleur, son aspect, etc..elle est tracée avec les supports en repère pour sa découpe.





Supports et peausserie sont encollés.





Posés sur la peau, ils sont ré encollés pour le retour de l'enrobage sur l'autre face.





Cet opération se fait un peu comme les recouvrages des talons aiguilles, à l'ancienne mode, avec les pouces, les cordonniers qui l'ont connue, le feront avec facilité. Les angles courbes intérieurs seront coupés avec la pointe des ciseaux, comme les recouvrages, pour faire la queue de talon.
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2010/03/enrobage-comment-faire.html







Avec la panne du marteau, la peausserie est lissée, à l'endroit du bourrelet pour bien lui donner son relief et sa forme.




le tout est tapé au marteau, méticuleusement et amoureusement avec précautions.




Le retour de la peausserie est verrée pour son égalité et son adhérence, tendrement.




les deux parties sont encollées pour leur jonction.




Maintenues en position par ces petites pinces.




touts les endroits qui présentent des reste de colle sont nettoyés au crêpe.
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2011/09/comment-enlever-la-colle.html



pour la couture et pour le sujet, elle est tracée au stylo argent, autrement la couture est faite sans préparation., au pied le biche en repère.




une vue de l'ensemble.





A l'aide du gabarit en carton, les tous de passage des rivets sont tracés.





Percés à l'emporte pièce.




passage à la machine à coudre, bonne grosseur d'aiguille, réglage de la longueur du point, bonne couleur de fil, dessus aiguille et dessous navette.





La couture avec ce genre de machine à coudre, à tout faire est fine, à la Rapid trop grosse d'une part et la couture extérieure est la seule accessible, celle intérieure ne peut l'être qu'en martyrisant la poignée, il faut donc repasser plusieurs fois pour essayer de donner le rendu du point sellier et sa grosseur.





Une vue de la nouvelle poignée par rapport à celle d'origine, la différence sera améliorée à la finition, teinture, déforme, crème. La peausserie avait été choisie en premier pour ses caractéristiques de souplesse, d'épaisseur, et sa qualité à la résistance, au détriment de la couleur, le noir couleur de la serviette, ne posant aucun problème.




le tout est marteler de nouveau, mais toujours avec attention.



Une vue de la poignée terminée prête à la pose.




Elle est mise en place et retournée pour la facilité à la pose des rivets.




Ils sont posés au marteau.



l'ouverture et la fermeture à glissière sont recousues à la machine à coudre.




Le travail terminé, puisqu'elles sont faites pour cela , les poignées en position rentrées.
Ne reste plus que la livraison, et nous l'espérons, la satisfaction de la cliente, non pas l'unique, mais notre principal soucis.

Très amicalement,
Tictac le besogneux

mercredi 31 mars 2010

Protecteurs encastrés , avantages , inconvénients .



Bonjour,

Vieux cordonnier mon expérience m'indique que si les les protecteurs encastrés sont très présents dans les conversations et dans les demandes des passionnés de chaussures, semble très prisés par les amateurs et les passionnés, c'est l'inverse à l'atelier ou il est de moins en moins demandé par le client lambda au bénéfice du protecteurs haricot en fer pour les bouts et les talons ou en plastique pour le bout de la chaussure, prévu par le fabricant uniquement pour les bouts des souliers, les virgule en acier sont réservées uniquement pour les talons avec la meilleure volonté il serait d'ailleurs impossible de faire autrement, tous ces derniers bien sur posés en applique, donc en relief.
http://tictac-cordonnier.blogspot.com/2009/08/protecteurs-encastres-encastres-en-en.html

A noter que les si les protecteurs dit haricot en acier, sont prévus pour être cloué aux deux extrémités du soulier, ceux en plastique sont fabriqués et prévus pour le bout uniquement. Cela n'empêche pas cependant des clients de les demander et de les exiger aux deux extrémités pour éviter les glissades et le bruit.

Avantages :
Indiscutablement une très grande solidité.

Inconvénients :
Le bruit, du talon et du bout, les glissades, particulièrement du talon à la marche et en descente, par rapport au bout en montée, les rampes et les escaliers. De part sa très grande solidité par opposition avec le bonbout en cuir, le report de d'usure du coin extérieur arrière pour une marche normale, au " coin intérieur du talon en queue de talon " à l'opposé du protecteur.
L'affaissement de la cambrure, du cambrion, avec déforme de la marche, et les inconvénients qu'on peut supposer, pour la colonne vertébrale. Les cambrions en bois, arrivent même a se fêler ou à se casser.
Il faut savoir que le bruit et même la glissade, qui pour certains sont des inconvénients, peuvent être pour d'autre un plaisir.
Ce matin encore, discutant avec un motard de la gendarmerie, ce dernier appréciait ce phénomène dans le cadre de sa profession . Quoi qu'il en soit tout cela est une affaire de goût, ce qui ne se discute jamais .
http://tictac-cordonnier.blogspot.fr/2012/06/ces-chaussures-qui-font-du-bruit.html

De part leurs tenues faites par des vis, si elles sont en acier le cuir à l'emplacement de la fixation va rouiller, mais même si ces fixations sont en laiton, le trou important fait par le passage endommage fortement la semelle d'usure. Les poses successives arrivent à complètement désagréger le bout de la semelle de la chaussure, d'autant plus que lors des changements, ( ces derniers étant faits puisque le protecteur est usé ) il n'y a pas que lui qui le soit, les têtes des vis aussi qu'elles soient cruciformes ou autres, empêchant un dévissage normal et c'est malheureusement souvent au tournevis en levier ou à la pince à l'angle du protecteur qu'ils sont arrachés avec tous les problèmes que l'on peut supposer par rapport aux vis
Nous avons à notre disposition, vis, pointes grosses et courtes comme les vis, mais striées ( pose à la parisienne ) pointe en en laiton, pour les exigeances différentes.



La repose de protecteurs haricots peut être est faite au même endroit par des semences sans dommage puisque le cuir se referme, alors que pour des encastrés, il faut boucher le trou par des chevilles de bois encollées et déplacer légèrement le fer .

Pour la bonne tenue du protecteur, les vis sont obligatoires, le fabricant ménageant les trous pour la fixation de diamètre important, des pointes, semences " nageraient " dans cet espace et ne parviendraient à tenir solidement le protecteur sans qu'il ne puisse bouger.
Pour la même bonne tenue il utiliser des pointes en laiton fendues striées reprenant l'apparence des vis spécialement vendues par nos fournisseurs.
 
Le protecteur  même dans le cas de pointes ordinaires lisses de gros diamètre, la longueur trop faible ne permettrait pas la rétention , seules des vis même courtes de par leurs formes coniques, leurs stries hélicoïdales , permettent cette fixation idéale .



Pour le néophyte , il est toujours difficile de se rendre compte d'un travail bien fait , surtout pour ces travaux assez spécifiques .
je vois tellement sous d'autres cieux d'appréciations de louanges, alors que le travail est mal fait, des critiques alors que le travail est parfait, seul des professionnels sont à même de juger de la qualité d'un bon travail, les concours les examens, sont quand même surveillés et examinés par des professionnels hautement qualifiés, souvent avec les plus hautes récompenses et distinctions, jamais d'amateurs , même si ces derniers peuvent avoir des connaissances, bien souvent que livresques

Pour les protecteurs encastrés, la couture du petit point ne doit pas être coupée malgré l'encastrement, ce qui n'est pas facile à réaliser, pas plus qu'il est facile d'apprécier une pose faite dans les règles de l'art pour un néophyte une fois le fer en recouvrement, qui masque tout le déroulement de l'opération. IL faut savoir que l'encastrement oblige à une découpe au tranchet, verticale et horizontale du moins en biais, que certains pour avoir une découpe d'encastrement parfaite accentuent la découpe pour le plus grand dommage de la semelle d'usure.
La pose de protecteurs encastrés au bout de la chaussure neuve est un travail difficile et long lorsque l'on désire qu'il soit fait parfaitement ce qui est une obligation pour tous travaux simples ou difficiles.
La prévision de la pose qu'elle soit d'origine ou de réparation lors d'un ressemelage est la seule possibilité pour un encastrement parfait, avec la couture du petit point.

La taille du " fer " doit être très adaptée en dimensions à la grandeur du bout de la chaussure, trop grand, les vis, celles en angle sont beaucoup plus proches du bord que celle du haut, seront vissées dans la trépointe et ressortent même parfois comme vous avez pu le voir sur certaines photos .
Trop petit cela a du mal à se concevoir, ou alors il faudrait au verrage à la finition, enlever et diminuer trépointe et semelle d'usure?

Enfin il faut qu'il soit posé parfaitement horizontalement par rapport au bout de la chaussure, aucune inclinaison intérieur ou extérieur.
A tout prendre, il vaut mieux une très légère inclinaison extérieure, plutôt qu' intérieure, l'éthique de la réparation ou du neuf dans la chaussure, s'en accorde mieux.


                                                           

La finition :
Le ponçage doit être parfait en lisse , la jonction doit être parfaite en jointage et en épaisseur, la déforme tient mal sur l'acier, même si la tenue n'est pas idéale dans le temps, un voile de teinture en bombe est parfait pour la meilleurs tenue, et pour l'esthétique idéal à la livraison .

Pour moi, cordonnier très favorable aux protections plutôt qu'aux réparations, si celle ci est la meilleure pour les bouts et les talons, même sans parler des autres, cet inconvénient de la tenue par des vis qui peuvent altérer semelle d'usure, tige, trépointe et goodyear m'est un véritable obstacle, je ne les utilisent jamais pour les miens ou pour moi même . Ma formation de cordonnier bottier au départ, faite que pour le cousu, a du mal à accepter les pointes et les vis dans les semelles d'usure des chaussures, pour moi c'est une une forme d'hérésie.

A noter que le nom exact est protecteur , mais le fer est devenu le langage courant des amateurs de souliers et de certains professionnels, ainsi constamment on me demande la pose de fers en plastique.


Je ne vais pas clore ce sujet sans parler des protecteurs encastrés en laiton, en effet beaucoup plus présent dans le temps, ils sont de nos jours beaucoup plus rares à trouver chez nos crépins.
Si l'industrie les présente sur quelques exceptionnelles fabrications, rares sont les cordonniers qui les peuvent les proposer encore à leurs clients.
Avantages / inconvénients de ce matériaux, pour moi par rapport à ceux en acier, ils ne présente que des avantages, de bruit moindre, de glissades, de rouille, cet inconvénient qui devient un avantage, j'en ai parlé plus haut, moins de solidité.


Amicalement,
Tictac le besogneux

samedi 20 mars 2010

Changement d'une fermeture à glissière sur un blouson de moto.


Ce matin à l'atelier un blouson de moto à réparer, il manque quelques mailles à la fermeture à glissière, les motards le savent bien, tous leurs accessoires souffrent énormément, il faut de la qualité dans tout, particulièrement pour les fermetures soumises aux intempéries, pour moi de l'entretien pour les conserver le plus longtemps possible est nécessaire.
Il y a deux grandes catégories de fermetures à glissière.
Les ouvrables ou séparables :
Pour tous les vêtements genres blousons et manteaux etc..., j'ai beau réfléchir je ne vois pas d'autres utilisations, si ce n'est exceptionnellement en ameublement. Avec un chariot, qui s'ouvre en descendant ou deux, un en descendant, l'autre en remontant. Je n'ai pas connaissance de la possibilité pour les professionnels de se réapprovisionner en réparation de fermeture à glissière de deux chariots

Les non séparables :
pour tout ce qui est bagagerie, sellerie, maroquinerie, les vêtements, jupes, culottes, etc... A un ou deux chariot comme pour les séparables, à la différence que dans ce cas ils se rencontrent pour la fermeture, alors que les ouvrables s'opposent à la fermeture.
Si il n'existe pas à la revente d'éclair non séparable à deux chariots, les problèmes ne se posent pas pour ceux comme nous qui fabriquent leurs fermeture éclairs eux même, cela nous permet d'avoir des longueurs de quelques cm ou de plusieurs mètres, et bien entendu au mm près.

Les chariots :
Ils sont de deux types, avec verrouillage à l'arrêt quel que soit son emplacement sur la glissière, lorsqu'une traction est faite sur la tirette pour la manoeuvre de la fermeture, sans que beaucoup de personne le sache, on soulève en tout premier une partie pointue, montée sur ressort, qui verrouille ou déverrouille le chariot, on se rend bien compte de l'utilité de ce procédé. Sans blocage, la tirette est simplement en tenue pour le fonctionnement du chariot, dans les cas souvent de bagagerie, sellerie, maroquinerie, ameublement, ou une fois la fermeture fermée, aucune action ou contrainte est demandée.

Et lorsque vous tirez en haut de chaque coté de l'éclair ou qu'une traction est faite, taille, mollet, etc... le chariot descend tout seul, c'est à éviter absolument et à faire attention pour les jupes et les braguettes, mais également sur les chaussures ( bottes, bottillons ) certaines fabrications de bas de gamme, économisent sur tout et présentent ces inconvénients. Nous sommes quelquefois obligé, sur des articles neufs, de changer les éclairs qui ne tiennent jamais fermées.

Les fermetures à glissières de réparation ont des mailles de largeurs et de matériaux différentes laiton ou alu, pour moi les plus solides sont en laiton, celle du blouson à changer était en alu, il est assez courant de voir des dents en alu arrachées, rarement celles en laiton.


La trame est de coloris, blanc, noir, marron etc... et matériaux différentes, coton, nylon etc... sa largeur va de pair avec celle des mailles.



Il faut découdre au tranchet la fermeture ou par tous autres outils de coupe nécessaires.





Le coté gauche avec le renfort de protection est toujours plus délicat à découdre et à remonter.
Les fermetures à glissière pour les blouson de moto sont montés de différentes manières, avec ou sans rabat d'un coté, apparente au milieu ou cousue cachée par les pans du blouson. posées droites ou en biais.




Toutes les parties décousues et séparées. Il faut impérativement enlever tous les anciens fils de couture.




Le renfort de protection est encollé puis remonté en premier.




Un accessoires que peu de professionnels peut être connaissent, il permet de coincer la fermeture et d'encoller la trame sans mettre de colle sur les mailles.



L'éclair est encollée.


Elle est positionnée.



Des pinces peuvent aider au maintient des endroits délicats.




Les doublures sont encollées également.




Toutes les parties sont positionnées de chaque coté. Il faut bien faire attention et prendre des repaires, sinon arrivé en haut, le cuir selon les parties se distendant différemment, plusieurs centimètres peuvent se retrouver en plus ou en moins.



Passage à la machine à coudre, il faut utiliser une très grosse aiguille, faire les bon réglages et choisir la bonne couleur de fil, dessus et navette.
Bien que ces machines soient prévues pour les gros travaux, elles " rechignent " souvent à certains passages, nous sommes obligé de de faire du point à point, à la main et à la manivelle, de lever le pied de biche à chaque point pour permettre son débattement et son avancée.
http://tictac-cordonnier.blogspot.com/2009/08/recoudre-dans-les-points-blacke-petits.html


On en lève au crêpe tous les restants de colle, pour permettre un bon fonctionnement de la glissière et la meilleure finition esthétique.



On tape au marteau les coutures avec précautions et amour.

Une vue du travail terminé.


Il ne reste plus que la livraison à la clientèle, en espérant sa satisfaction, notre unique meilleure récompense.

Très amicalement,
tictac


dimanche 7 mars 2010

En grande pompe " la naissance "

Une naissance est toujours un heureux évèment, souhaiton que le cercle des amateurs de chaussures s'aggrandisse, courageuse et belle initiative, souhaitons lui longue vie, sans les travers de celui qui l'a vu éclore.

http://engrandepompe.forumpersos.com/index.htm

vendredi 5 mars 2010

Avec quels fils coudre des gants

Bonsoir,

Petit sujet, mais vaste programme, je vais essayer de la faire " courte " mais un petit sujet plutôt qu'une réponse succincte et peu explicative en commentaire.

En premier avec quelle machine à coudre ? Savoir qu'il existe des machines spécifiques pour coudre les doigts des gants, selon les emplacements et les coutures à plat, nous accédons quand même a des réparations machines, mais parfois main.
Il faut totalement déconseillé avec une machine de couturière, même en essayant de mettre un fil plus gros, il ne faut pas céder à la tentation.
Je vois trop de travaux qui nous arrivent à l'atelier, la couturière, ayant essayé la réparation ou la transformation, avec pour résultat, une coupure ou déchirure irrémédiable, des travaux démontés, commencés, avec l'impossibilité de terminer. Je ne mets pas en cause les compétences, mais le cuir est une matière différente du tissus, l'inverse par contre est beaucoup plus facile pour nous, nous effectuons couramment des travaux de couturières, non pas pour leur " faucher " du travail, mais ils font tout simplement partie, d'une réparation sur du cuir.

Il faut savoir travailler, en préparation, en aminci, en encollage, pas avec n'importe quelles colles, jamais de cyanocrilates, qui durcissent et rendent pour quelque petits centimètres des grandes réalisations irrémédiablement perdues, toujours de la néoprène. Il faut ensuite un " parc de machines à coudre important, nous en avons à l'atelier six, deux petits points, blake, machine à tout faire, à coudre les tiges, de sellier bourrelier, de couturière, il m'en manque toujours une, tout dépend des secteurs d'activité.
Certaines pour parler argent, ne sont jamais rentabilisées, lorsqu'on connaît le prix d'achat, et le nombres de travaux effectués par semaine, cela laisse rêveur, je l'ai évoqué, pour parer aux investissements importants, que ne pouvaient supporter les petits ateliers, dans chaque ville, existaient des couseurs, en plus de leur travail, de " grosses " cordonneries, une journée par semaine, acceptaient par gentillesse pour une somme modique, permettaient aux plus petits, la possibilité de certaine réparations. C'est une pratique que nous faisons toujours, alors que nous nous faisons une concurrence " déloyale "

Donc avec une machine à coudre industrielle de cordonnier à tout faire, genre singer, texima,etc...

les fils sont différentes fabrications :
Faire attention au sens du tressage mais du bobinage aussi, les artisans n'en ont toujours pas conscience, les Crépins leurs épargnent ce soucis, selon les obligations de la machine, ils peuvent être,


En nylon incolore :
Permet dessus, navette de coudre tout ( il s'harmonise en coloris avec le support ) sans changer à chaque opération le fil pour sa couleur qui presque toujours est différente, tige, doublure, etc...cette particularité est merveilleuse, mais comme gros inconvénient, à l'arrêt de la couture se produit toujours une pointe qui pique, blesse, déchire collant et bas, les pêcheurs connaissent bien ce genre de fils.
Certains industriels cousent par facilité ou solidité avec ces nylon, nous sommes souvent obligés, à la demande expresse des clients, souvent les femmes, de découdre et recoudre, en entier, certaines bordures.

En bacra :
Mariage de nylon, et de coton, avec pour celui ci et les autres l'inconvénient de toujours changer pour les coloris différents dessus aiguille dessous navette, il faut demander aux cordonniers le travail fastidieux que cela représente de coudre chaque article aux bons coloris, avec ces foutues cannettes qui vous laissent toujours en plan, au mauvais moment. Certains " mauvais artisans, cousent en blanc, et passent à la déforme, en noir, marron, etc...travail, déplorable qu'il ne faut jamais faire, cela se voit toujours du plus mauvais effet esthétique.

En nylon tressé :
En général la grosseur va du 121 pour le plus fin et le 51 pour le plus gros, on peut bien évidemment changer de grosseur de fil et d'aiguille selon les travaux, la grosseur moyenne qui correspond à pratiquement tous les travaux est le 81, ils sont de marque GT, ONIX etc...

Avec ces fils nous faisons également des aiguillées, qui nous permettent de coudre les même articles, à la main, d'autres seront cousus au nylon, alène, aiguille, ou au ligneul, soies de porc ou métalliques.
Ils sont heureusement disponibles maintenant, dans un nombre important de coloris et de nuances.
J'espère avoir répondu à votre demande.

Très amicalement,
Tictac

mercredi 24 février 2010

Les défauts du cuir.

Bonjour,

Malheureusement, lorsque l'on achète des chaussures sont présents quelquefois des défauts.
Ils peuvent être de différentes origines. Dans ce sujet nous aborderons les défauts des cuirs et peausseries uniquement, d'autres peuvent se révéler, ils font partie du sujet " Petites vérifications avant l'achat " des mauvaise fabrications, coutures, symétrie, hauteur, portée, d'oublis, d'erreurs, une paire de chaussures qui ne sont pas de la même taille et oui cela arrive et même très souvent, etc...
http://tictac-cordonnier.blogspot.com/2009/12/petits-conseils-et-verifications-avant.html


                                                      

Il faut lors de l'achat bien surveiller en tant que particuliers mais aussi des professionnels lors du choix de leurs matières premières, car ces défauts sont cicatrisés, guéris en amont et camouflés ensuite.
pour les cuirs " Croupons " j'ai toujours vu les anciens tordre, plier, couper pour regarder la tranche, sentir, j'en ai même vu certains " mâchouiller " un morceau de cuir, chose que personnellement je n'ai jamais faite.
Choisir un cuir ou une peausserie devient tout un art, de plus en plus difficile a mon avis, a savoir que les premiers choix de peausseries aujourd'hui auraient été classées 6 ou 7ème à mon époque.
Pendant que nous parlons peausseries et défauts, je vais évoquez ces cuirs " rectifiés " corrigés " qui posent problèmes, mais d'une manière récente, en effet jamais avant ces soucis ne nous étaient présentés. j'ai mis une affichette à l'atelier " Attention, certains cuirs corrigés, rectifiés, posent à l'utilisation " humidité " et à l'entretient " imperméabilisation des problèmes de cloques, boursouflures, décolorations, marbrures, à la marche des plis d'aisances accentués et des déchirures, avec des peaux sèches, sans souplesse.

Il existe pour moi deux particularités, le prêtant et le cuir creux, ce ne sont pas pour moi des défauts du cuirs mais ils le deviennent quand l'industrie ou l'artisanat les utilisent ou les emploient mal,ce qui ne devrait bien évidemment ne pas se produire pour les endroits creux qui devraient être tout simplement mis au rebut.
http://tictac-cordonnier.blogspot.com/2009/08/le-pretant.html

Pour le prêtant :
Utilisé dans le bon sens il peut au contraire présenter des qualités, qui feront peut être l'objet d'un autre sujet " les qualités du cuir "on peut ainsi estamper, galber, en bref lui faire épouser des formes désirées et particulières, dans le mauvais celui de la longueur c'est toujours un défaut que l'on retrouve en chaussure, agrandissement, déplacement des morceaux, des coutures, ouverture des pièces mises en soutien quel que soit l'emplacement, dans la bagagerie la sellerie, la maroquinerie, allongement des brides des harnais, des poignées, des bandoulières, des ceintures, des ceinturons etc...



Ce fabricant n'ayant pas respecté le sens du prêtant, cette ceinture pourtant agrandi déjà de 24 cm que ma cliente me demande de rétrécir, mesurée normalement à 127 cm, passe allègrement à138 cm à la traction.




Pour le cuir creux :
Toutes les belles peaux ont leurs parties creuses et basses, aines tétines, etc...qui ne doivent en aucun cas être utilisées, c'est donc un défaut d 'utilisation à la fabrication et non pas du cuir. Un cuir creux présente le décollement de la structure de ses fibre entre la fleur et la chair qui " frise " à ces endroits.

Les défauts sont antérieurs ou postérieurs à la mort de l'animal.

DÉFAUTS ANTÉRIEURS :
Les éraflures dues au contact de l'animal aux ronces, aux épines , aux arbres et différents obstacles sur la route de la bête, durant sa vie. Les marques de soins des étrilles de l'éleveur et ses coups d'aiguillons pour réunir ou faire avancer l'animal, toujours faits aux meilleurs endroits des futurs cuirs, les coups de stylets lors des soins du vétérinaire, des luttes, des combats, des bataille que les animaux se livrent entre eux, les coups de cornes, de sabots, de ruades, les marquages au fer rouge, faits souvent très tôt à la naissance du petit veau, pour éviter les vols , mais aussi pour la facilité à répertorier le cheptel, les excréments, crottes, urines, présents dans les poils de l'animal qui s'agglomèrent, sèchent, qui fermentent et abîment le cuir. il semblerait par exemple que les poils du panache des chevaux soient recherchés, pour les archets du violon, sauf ceux de la jument, souillés régulièrement par l'emplacement de l'appareil urinaire.

LE VARRON 
Le varron le parasite le plus préoccupant pour la qualité des peaux est le nom commun donné à un groupe de mouches non piqueuses dont la larve parasite plusieurs mammifères cerf, renne, chèvre, l'homme également et pour ce qui nous intéresse les bovins, avec pour nom scientifique l'ypoderma bovis, grosse mouche, l'hypoderma linéatum petite mouche, ou l' hypoderme du boeuf qui provoque des dégâts importants. La mouche pond au mois de juin des centaines d'oeufs qui sont ingérés par l'animal lorsqu'il se nourrit, et broute les herbages, la larve appairait à la chaleur qui pénètre au travers des viscères, vient se loger sous la peaux pour atteindre une longueur d'environ 25 mm perce la peau, devient ensuite chrysalide pour devenir insecte parfait, faisant au passage un trou " furoncle " de 6 à 7 mm de diamètre. Les peaux de certaines contrées sont également endommagées par les tiques, mais ces défauts apparaissent seulement sur les jambes, et ne sont pas aussi graves que ceux provoqués par les varrons. Ces défauts sont cicatrisées, guéris, mais affectent gravement la fleur du cuir et le déprécié ne sais pas si cela existe toujours , mais avant pour l'achat des lots de peaux, une tolérance en varrons était demandée, cette dernière était faite par échantillonnage, on prend une vingtaine de peaux, sur lesquelles l'acheteur, marque les trous faits par le parasite, si le nombre de varrons trouvés ne satisfait pas, l'acheteur ou le vendeur, on choisit vingt autres peaux, la tolérance est basée sur les quarante peaux ainsi choisies


LES DÉFAUTS POSTÉRIEURS :
Ils proviennent de l'écorchage provoqués par le boucher pendant le dépeçage de la bête , pour la séparation de la viande et de la peaux, appelées coutelures , dont la gravité dépend de la profondeur.

DE CONSERVATION :
L 'échauffure, c'est la putréfaction, la décomposition de la fleur du cuir , qui provoque des trous plus ou moins grands. Les piqûres de sel, conservation trop longue. etc...Il arrive que les sels contiennent une certaine quantité de fer, qui vient se fixer dans la peau, il reparaît au tannage sous forme de taches noires, connues sous le nom de taches de sel. Des caillots de sang ou des amas de chair peuvent provoquer le même phénomène.

Des peaux entières varonnées peuvent présenter plusieurs centaines de trous du passage du parasite. C'est pour moi le plus important et le plus courant des défauts, malheureusement il est aussi présent sur les plus belles peaux.
Je ne sais pourquoi, mais j'ai toujours entendu les anciens dirent que c'étaient les plus belles peaux, qui étaient le plus contaminées, on n'en voit pas bien la raison, puisque la contamination se ferait par la nourriture, les anciens n'auraient pas toujours raison ?.
Pour accrédité les affirmations de nos ancien,une autre théorie et certainement la réalité existe pour la ponte, les animaux seraient contaminés par la ponte de la mouche sur le pelage, au alentour des naseaux, à la même période de reproduction et ensuite le processus serait bien évidemment le même, ingéré par lèchage, ce serait donc le parasite qui choisirait sa victime, on peut facilement envisager que dans ce cas les animaux les plus malingres soient écartés au bénéfice des spécimens les plus beaux et les plus sains.

Tous ces défauts sont très ennuyeux, je l'ai dit, surtout pour les peausseries, pour les cuirs " croupons "réservés à la semelles, ou à d'autres usages, le problème à mon avis me semble moins important, de par sa destination et son utilisation.
En cliquant pour envoyer ce sujet, je pense à un amateur en particulier, il se reconnaîtra.

Très amicalement,
Tictac